dimanche 20 octobre 2013

"La Côte d'Ivoire regorge d'auteurs talentueux..." entretien de Christophe Cassiau-Haurie avec Benjamin Kouadio(1)


La crise politique et militaire qu'a vécue la Cote d'Ivoire de 2002 à 2011 a durablement affecté la vie des populations civiles. Plusieurs milliers de morts et disparus, des destructions sans nombre et un pays divisé en deux. Le milieu des artistes a également vécu cette époque de façon douloureuse. Benjamin Kouadio en est un exemple parfait. En effet, celui-ci compte plus de vingt années de carrière, plusieurs participations à des revues et des collectifs ainsi que la réalisation de plusieurs œuvres de commande. Malgré cela, son ouvrage Les envahisseurs, édité en janvier 2013 chez L'harmattan BD, n'est que son deuxième album commercial, 14 ans après la sortie du premier, John Koutoukou (Céda - 1999). Retour sur le parcours d'un dessinateur talentueux qui commence à déployer ses ailes. Enfin…


1. Votre dernier album, les envahisseurs vient de sortir 14 ans après le premier, pourquoi un délai aussi important ?


Le délai dont vous parlez ne m'incombe pas. Il est simplement dû à la crise sociopolitique survenue en Côte d'Ivoire depuis le coup d'état de 1999 et la guerre de 2002. Mes projets d'albums comme bien d'autres étaient en souffrance au Céda devenu entre-temps Néi-Céda par la force des choses, la maison éditrice du premier album John Koutoukou "Responsable irresponsable" en 1999. Ces maisons généralistes dont le chiffre d'affaires est basé sur les ouvrages scolaires ne voulaient pas prendre le risque d'investir dans l'extrascolaire. À dessein d'ailleurs. Car elles rencontraient des problèmes financiers. Les manuscrits qui y avaient été déposés avant la crise se sont vus retourner à leurs auteurs. Laissant ainsi la latitude aux uns et aux autres de les proposer aux éditeurs de leur choix. Je signale que Les envahisseurs ne figuraient pas dans le lot des refusés. Je l'ai proposé à L'harmattan en 2012. Et le projet a été accepté et édité en janvier 2013, sans difficulté. Merci au directeur de collection Harmattan BD !

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